Carole David, lauréate du prix Athanase-David

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Toutes nos félicitations à Carole David, lauréate du prix Athanase-David remis par le Gouvernement du Québec pour l’ensemble de son œuvre!

«Il ne fait pas de doute que Carole David a érigé une œuvre magistrale, qui établit des ponts entre l’intime et le social, où se rencontrent femmes au foyer, marginaux et désœuvrés, tout en y honorant au passage ses origines italiennes. Si on la décrit comme une personne plutôt discrète, c’est assurément à une autrice fougueuse à laquelle on a affaire, dont l’écriture se révèle sans compromis.»

Pour consulter le texte entier du jury, par ici!

Les remerciements de l’auteure

« Madame la Ministre,
Distingué·e·s lauréat·e·s,
Chers invité·e·s,

Je vous remercie de l’honneur que vous me faites aujourd’hui. Je salue les membres du jury, mes pairs, celles et ceux qui ont accepté d’appuyer ma candidature; vous me faites passer de l’ombre à la lumière en cette époque placée sous le signe du risque.

Je salue aussi ceux qui ont porté mon dossier: l’équipe des Herbes rouges, Roxane Desjardins, Michaël Dumouchel, François Hébert et feu Marcel Hébert devenu depuis quelques années grand lecteur devant l’éternel; mes météores, Odile et Olivier; ainsi que tous ceux qui ont cru en moi en laissant se déployer mon projet d’écriture depuis mon entrée en littérature.

Une œuvre se crée dans une certaine solitude même si le dialogue avec l’autre demeure essentiel et engageant plus que jamais aujourd’hui.

Chaque parcours est singulier. Je ne suis pas dans le mythe de la prédestination à l’écriture, je m’imagine avoir été propulsée dans une autre dimension sans l’avoir prévu. Je creuse le même sillon depuis ma première publication. Ma posture d’autrice m’autorise à penser qui je suis.

Enfant, j’adorais quand ma mère cousait pour moi dans des vêtements qui avaient appartenu à d’autres. Un jour, elle a cessé de ressusciter des fantômes. J’ai pris la relève avec le peu de choses qui étaient à ma disposition : des débris, des chutes, des voix, du fil et des aiguilles, le rythme de son dialecte de cafone qu’elle ne m’a pas transmis. Je me suis donné le droit de les emprisonner, de les déverser dans mes poèmes et mes petites histoires inachevées. Cela m’a forcée en quelque sorte à performer dans une autre langue que celle de ma mère.

Quand on me demande sur quoi et comment j’écris, je réponds que je cherche la forme la plus adéquate pour habiter le monde tel qu’il est. Entre poésie et roman, dans l’hybridité et ma double identité, je me colle à chaque vers, à chaque phrase pour rendre éternel ce qui vient avant l’écriture. Comme l’écrit l’autrice Deborah Levy dans son autobiographie: « La banlieue de la féminité n’est pas un endroit où il fait bon vivre. » C’est pourquoi j’ai à l’esprit qu’écrire est un geste de résistance et un jeu de massacre symbolique nécessaire pour ne pas tomber.

Grâce à cette reconnaissance, vous m’autorisez à continuer à force d’essais, d’erreurs, à demeurer dans mon atelier, l’endroit de ma perte et de ma consolation. »

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